Apprendre à dire non et retourner les pions côté rose !

Les émotions…Il me semble parfois qu’elles sont tout : le début et la fin, le bonheur et la peine, le sens de tout, la cause de nos relations et de nos séparations, de notre bien-être et de notre mal-être et surtout, exprimer ses émotions semble parfois si simple et d’autres fois si…quasi impossible ou, en apparence au moins, inutile.

Face aux émotions négatives

Comme je me sens impuissante et vide face à certaines personnes qui nous imposent aussi bien leur absence d’émotions que leurs émotions négatives et destructrices. Parfois je crois que quelques mots sincères pourront suffire pour tout changer puis je me butte au mutisme, à la négativité, à l’enfermement sur soi et dans le brouillard de pensées et émotions noires que je ne comprends pas, que j’ai du mal à accepter. Faut-il baisser les bras et accepter que certaines relations ne soient pas ? Faut-il lutter et se faire mal ? Faut-il prendre sur soi pour préserver une entente, au risque peut-être de laisser la brulure interne s’infecter ou d’être taxé de lâche ?

Tout accepter ou apprendre à dire non ?

Parfois par le passé, on m’a dit que je ne me positionnais pas assez et que je ne donnais pas assez mon avis tranché, que je ne voulais pas blesser ni vexer. On m’a dit que – avec certaines personnes au moins – je n’exprimais pas assez mes émotions, colère ou agacement, et que je me laissais marcher dessus.

Est-ce que c’est vrai ? Je ne sais pas. Peut-être. Pourquoi est-ce que je fais ça ? D’abord et surtout parce que depuis toujours, j’ai eu à cœur de respecter l’autre, son avis – parfois différent du mien -, ses pensées et ses émotions. J’ai toujours essayé de me mettre à la place de l’autre et de me dire que s’il fait ou dit ce qu’il fait ou dit, c’est pour de bonnes raisons, que peut-être je ne connais pas mais qui existent et qu’il a le droit de dire ou faire ce qui lui semble juste. Cette tolérance poussée à son extrême m’a amenée en effet à, parfois, me manquer de respect à moi-même, accepter des choses, des situations ou des mots que j’aurais du refuser, que j’aurais du laisser devant la porte et balayer plutôt que de les laisser entrer. Ces situations que j’ai trop acceptées ne m’ont pas aidée à prendre confiance en moi et encore moins à me respecter et à me faire respecter. En y réfléchissant oui, c’est vrai, je me rends compte que certaines situations étaient injustes, que certains mots ou actions n’étaient pas bons et que, si je m’étais défendue comme je voudrais défendre ma sœur ou ma fille aujourd’hui, je l’aurais ouverte, j’aurais dit non, j’aurais dit fuck.

Si je prends du recul aujourd’hui, j’aurais voulu dire à la petite fille et jeune fille que j’étais, de ne pas attendre des autres qu’ils fixent les limites. On est responsable de nos propres limites, personne ne les mettra pour nous si on ne le fait pas, on ne peut pas attendre ça et, chaque jour dans les relations que l’on a, dans ce que l’on accepte, que l’on valide ou dans ce que l’on refuse, ce que l’on condamne, nous nommes et devons être nous-mêmes les artisans de nos relations, les artisans du rapport humain collectif. A nous de savoir si l’on veut choisir le respect et la paix ou accepter et donc valider le mauvais : l’attaque, la moquerie, le jugement, le racisme, la jalousie et tous ces poisons.

transformer les pions noirs en nuée rose !

Je reste convaincue que la violence ou la rage ne sont bons pour personne, ni celui qui reçoit ni celui qui exprime. Mais dire non, dire je ne suis pas d’accord avec ce que tu dis ou fais, je ne trouve pas ça juste et je refuse, purement et simplement, ça c’est possible et, si ça n’est pas facile, c’est nécessaire. D’abord comme respect à soi-même et à ce que l’on croit. Et aussi pour retourner un des petits pions de la vie du côté rose plutôt que du côté noir. Refuser purement et simplement certaines choses mauvaises et certains comportements, ça permet d’éviter de laisser les pions noirs gagner du terrain, de faire pencher petit à petit la barque du bon côté, du côté qui me va, qui me fait me sentir bien et à ma place et non pas embarquée malgré moi, petit à petit, dans un rapport qui ne pourra plus m’aller, ni pour moi ni pour mes proches ou même ma société. Dire non dès le début, ne pas accepter ce qui ne doit pas l’être, en commençant tout petit, dès le départ et non pas quand c’est déjà trop tard. Et, si l’on a commencé trop tard, ne pas perdre espoir malgré tout et dire quand même ce non salvateur, si ce n’est pour changer l’interlocuteur, au moins par respect pour soi, par honnêteté et sincérité envers soi-même, pour se faire une caresse et se tenir la main plutôt que de se mettre une main sur la bouche et se museler et pouvoir se dire qu’on a au moins essayé, qu’on resté debout face à ses valeurs plutôt que de se coucher et de laisser le négatif avancer. Dire les choses, calmement, sans haine ni violence mais sans compromis ni prudence. C’est pas simple et parfois ça semble ne servir presque à rien. Il faut du courage, une certaine dose de conviction et de confiance en soi. Parfois on se butte à ceux qui ont l’habitude – en tous cas en apparence – d’avoir toujours raison, à ceux qui se vexent car pas habitués à être remis en question ou simplement contredits. Mais retourner les pions du côté rose c’est notre responsabilité à tous et, un pion rose ça ne semble pas grand chose mais c’est toujours un pion noir en moins, c’est ma petite responsabilité et si je veux croire que tous ensemble on pourra voir la vie en rose, ça commence aussi avec moi. Avec toi, avec chacun.

Au quotidien

Par exemple, lorsqu’une personne a un propos raciste même sans s’en apercevoir, quand un ancien, parce que ça se faisait comme ça de son temps, parle d’une façon qui nous semble choquante, à nous de lui dire, sans l’agresser « est-ce que tu peux ne pas dire ça stp ? Ou en tous cas pas devant moi ? Est-ce que tu peux dire ça différemment ? ». ça ne changera peut-être pas sa façon de penser mais il saura au moins que ça ne se fait pas, que ce n’est pas ok, en tous cas pas avec moi et donc peut-être pas non plus avec d’autres. Et s’il garde sa pensée dans sa tête, au moins il arrêtera de la diffuser comme une pensée acceptable.

Aujourd’hui j’essaie de penser à ça dans mes relations avec les autres. J’essaie de dire ce que je pense, de rechercher l’honnêteté et la sincérité plutôt que l’absence absolue de conflit ou de gêne. Si j’ai une pensée positive, même si j’ai en face quelqu’un de fermé, je partage cette pensée, quelle que soit la réaction : colère, fermeture, moquerie ou juste absence de réaction. Le résultat ne dépend pas entièrement de moi mais ne rien dire c’est un peu donner raison et quand un avis me semble négatif ou néfaste, j’en propose un autre, le mien, qui sans peut-être convaincre, aura au moins le mérite ne pas ajouter d’eau sale au moulin.

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